Où va le Le groupe Renault ?

Où va le Le groupe Renault ?

Ces derniers mois, Renault a bien plus défrayé la chronique pour les turpitudes de son ancien dirigeant que pour ses performances commerciales.  Qu’en est-il réellement sur le plan comptable ?

Que prévoient les économistes pour le groupe au losange ? Quelques éléments de réponses vous sont apportés dans cet article.

Des ventes en baisse pour le groupe au losange

A la mi-janvier, le groupe Renault a publié ses résultats financiers de 2019. Il a commercialisé 3 753 723 véhicules dans le monde, soit une perte de 130 550 véhicules par rapport 2018 et une baisse de l’ordre de 3,4% de ses ventes.

Il s’en sort tout de même mieux sur notre Vieux Continent où il enregistre une hausse de 1,3% de ses ventes. Cette région représente 51,8% des ventes du groupe.  La Russie est quant à elle à l’origine de 29% du chiffre d’affaires du groupe au losange.

Le tableau se noircit lorsqu’on tourne le regard bien plus à l’est, du côté de l’Empire du Milieu. En 2019, les ventes du groupe Renault ont en effet décliné de 17,2% en Chine. Dans la zone Afrique Moyen-Orient Inde, elles ont accusé une baisse de 19,3% en un an.

Le repli du marché mondial

La résistance française

Maigre consolation, Renault ne fait que s’inscrire dans la tendance depuis deux ans. Un premier repli de 0,8% a été observé en 2018 pour le marché mondial de l’automobile. Le spécialiste des études sectorielles d’Euler Hermès anticipait une baisse de 4,5% du nombre d’immatriculations dans le monde l’an passé, le chiffre d’affaires a même décliné de 4,8% en 2019. En deux ans, cela représente une perte de 4 millions de véhicules neufs.

La réglementation renforcée et plus stricte contre les risques environnementaux a contraint les constructeurs à investir massivement, ce qui a pesé sur les résultats des constructeurs.

Selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), cette tendance baissière n’a pas affecté l’Hexagone dans les mêmes proportions, où le nombre des immatriculations s’est élevé à 2,693 millions (+ 1,88 %).

Un résultat en trompe l’œil dans la mesure où les constructeurs ont largement stimulé les ventes par les offres et remises de fin d’année.

Le groupe Renault à la traîne derrière Toyota et Volkswagen

Avec un peu plus de 407 000 véhicules neufs vendus dans notre pays en 2019, Renault reste tout de même la première marque dans le cœur des conducteurs français, devant ses rivaux historiques que sont Peugeot et Citroën. Plus largement, le groupe au losange totalise en France la même année près de 550 000 immatriculations, soit 24,81% de part de marché.

D’autres chiffres plus parlants témoignent des difficultés du groupe Renault. En dépit de la morosité du marché mondial, Toyota et Volkswagen ont vu leur marge opérationnelle s’établir à 7-8% en 2019 contre respectivement 1,4% et 5% pour Nissan et son partenaire privilégié français.

De plus, l’action Renault qui s’élevait à près de 60 euros à la mi-février 2019 est descendue sous les 26 euros en mars 2020, son plus bas depuis l’été 2012. La chute vertigineuse de la valorisation boursière explique dans une certaine mesure les résultats nets du groupe, qui n’atteignent que 19 millions d’euros contre 3 451 millions d’euros en 2018.

Une année 2019 mouvementée

L’an passé, le projet de fusion avec Fiat Chrysler aurait pu faire du groupe le 3ème constructeur mondial. Seulement deux semaines après avoir rendue publique son offre, l’italo-américain décide de la retirer, indiquant que les “conditions ne sont pas réunies”.

Mais ce qui a fait couler encore davantage d’encre dans les journaux, ce fut le feuilleton Carlos Ghosn. En janvier 2019, il est remplacé par deux hommes pour une solution de gouvernance jugée meilleure : Jean-Dominique Senard comme président de Renault et Thierry Bolloré comme directeur général…l’étrange successeur désigné par Carlos Ghosn lui-même. A l’automne, le numéro deux de Renault est remercié par le conseil d’administration du groupe, une façon selon certains de solder l’ère Ghosn. C’est la directrice financière Clotilde Delbos qui assure l’intérim, en attendant l’arrivée en juillet 2020 de son successeur, Luca De Meo.

Les incertitudes concernant l’alliance

Quel avenir pour l’alliance ? Nissan songerait toujours à se débarrasser de son partenaire comme le révèle The Financial Times en janvier 2020.

Pourtant, quelques semaines plutôt, le groupe franco-nippon annonce comme si de rien n’était « la programmation commune des véhicules, le dispositif industriel, les programmes de connectivité, la convergence des technologies ».

Si des cadres de l’entreprise japonaise considèrent Renault comme un frein, une séparation n’est pas aussi aisée à envisager. Outre les coûts qu’implique une telle opération, il convient de rappeler la complexité du partenariat qui repose sur des participations croisées. Renault possède 44% de Nissan, qui détient lui-même 15% de Renault et 34% de Mitsubishi.

L’impact du coronavirus et de la réglementation accrue

Pour 2020, Clotilde Delbos avoue elle-même redouter “la volatilité attendue des marchés” en Europe, en raison de la réglementation CAFE et des impacts du Coronavirus.”

Le groupe au losange peut-il compter sur de nouveaux véhicules pour inverser la tendance ?

Les sorties de la Twingo Z.E, du Capture hybride rechargeable ou encore de la Clio Hybride ne suffisent pas à rassurer certains observateurs qui se demandent si Renault ne perd pas de l’énergie à rationaliser son activité, au détriment de l’innovation.

L’agence de notation Fitch anticipe une marge opérationnelle du groupe inférieure à 4% au moins jusqu’à fin 2021.

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