France : l’Insee prévient d’une rechute de l’économie à l’automne

France : l’Insee prévient d’une rechute de l’économie à l’automne

Dans sa nouvelle note de conjoncture, l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques prévient les Français qu’une rechute de l’économie est à prévoir dès l’automne. Après un rebond de l’économie dû à la réussite du tourisme cet été, l’économie française a perdu – 5,9 % du Produit Intérieur Brut (PIB) au second trimestre.

De nombreuses incertitudes

L’économie mondiale est bousculée par de multiples incertitudes dues à la crise sanitaire actuelle de la COVID19. En France, la croissance économique s’est brutalement stoppée à partir de mars 2020 : c’est d’ailleurs pour cette raison que la bourse de Paris et le CAC40 ont atteint des seuils extrêmement bas.

Selon les prévisions de l’Insee parues le 6 octobre, le PIB resterait, en fin d’année, inférieur à 5 % par rapport à son niveau d’avant-crise. Intitulée « une économie diminuée », cette prévision pour l’automne insiste sur les incertitudes liées à la crise sanitaire et à la crise économique actuelle.

La principale conséquence de ces incertitudes est la confiance des ménages en l’économie. Selon le rapport de l’Insee, la France assiste à une situation très contrastée entre les régions françaises. Au niveau national, l’hébergement et la restauration, le transport aérien et les loisirs ont annoncé une baisse de leur développement de 20 %.

L’inquiétude des ménages face à la crise économique

La consommation des ménages est cœur des débats actuels. Après une baisse considérable de l’économie depuis mars 2020, le pouvoir d’achat, l’emploi et la croissance des ménages a largement diminué. Sur l’année 2020, plus de 840 000 emplois seront détruits au total. Le chômage devrait lui aussi être en grande hausse mettant à mal la consommation des ménages et leur capacité à consommer et à épargner.

Par ailleurs, sur le troisième trimestre de l’année 2020, l’Insee atteste d’une baisse du pouvoir d’achat limité avec une augmentation des revenus d’activité des ménages de 7,9 %. La capacité des Français à consommer, à épargner grâce à des rachats de crédits à la consommation ou encore en investissant pourrait potentiellement faire remonter l’économie drastiquement au 4ème trimestre.

Le rapport dichotomique entre la crise et l’épargne des ménages

L’INSEE, tout comme l’OFCE et la Banque de France, a également constaté un surplus d’épargne mise de côté principalement durant la période de confinement et les semaines qui ont directement suivi. Représentant près de 85 milliards d’euros d’après la Banque de France, cette somme dormante devrait selon les politiques être consacrée à la consommation pour relancer l’économie. Toutefois, les études ont également montré qu’elle était détenue pour une bonne part par les 20 % les plus aisés de la population. Pour les autres ménages, la baisse des revenus et les pertes d’emplois ont provoqué un taux record d’impayés. Pour ces derniers, le rachat de crédits consommation s’avère donc une solution intéressante pour restructurer les dettes et ainsi retrouver un reste à vivre suffisant pour être consacré à la consommation nécessaire à la relance de l’économie.

En dehors de tout cela, les établissements financiers assistent à un rebond de l’épargne depuis le début de l’année. Pendant le confinement, l’épargne a augmenté de manière radicale et a atteint des niveaux inconnus jusqu’à présent : 27,4 % au deuxième trimestre et 19,7 % au troisième. Au total, c’est une augmentation de 77 milliards d’euros d’épargne qui ont été placés depuis le début de la crise sanitaire et économique. Pour conclure, l’Insee estime que ni les mesures de soutien, ni le plan de relance gouvernemental n’inverseront cette tendance.

Mots clés : Pas de Mot Clé